Paris, Congres les Maires de France le 20/11/ 2025
Intervention de Sandrine Gauthier-Pacoud, Présidente de l’AMJura lors d’un débat avec Mr le Maire de Combs la Ville, 20 000 Habitants et VP de l’AMF, sur le scrutin de liste et la parité mis en place lors des municipales de mars 2026
Sandrine Gauthier-Pacoud, maire de Mesnois et présidente de l’association des maires et des présidents d’intercommunalité du Jura, ne conteste pas le principe de la parité. Elle le répète : « On ne peut évidemment pas s’opposer à la parité ». Mais c’est la façon dont elle est imposée dans les très petites communes qu’elle dénonce avec virulence. Selon elle, la réforme qui instaure des listes paritaires obligatoires via un scrutin de liste ignore la réalité du terrain.
Dans les villages de moins de 1 000 habitants, la donne est toute autre. « On a besoin d’élus plutôt qu’avoir besoin d’hommes ou de femmes », lance-t-elle, pragmatique. Le problème ? Trouver des candidats prêts à s’engager. Elle évoque des femmes acceptant d’être sur une liste à condition de ne pas siéger activement. Une situation qui fragilise le fonctionnement même des conseils municipaux.
Autre difficulté : la baisse potentielle du nombre d’élus. La loi autorise des listes incomplètes jusqu’à deux sièges en dessous de l’effectif légal. Mais pour Sandrine Gauthier-Pacoud, cette souplesse est loin de suffire. « Réduire le nombre d’élus, c’est diminuer le nombre de bras disponibles pour les tâches techniques », insiste-t-elle. Dans les communes sans services administratifs et techniques étoffés, c’est un risque réel.
Elle anticipe aussi une réaction forte des électeurs. En effet, les listes bloquées, imposées par la loi, suppriment toutes possibilités de rayer des noms, et donc le choix pour l’électeur. Difficile également, dans les petites communes, de constituer plusieurs listes, donc absence totale de démocratie ! Certains lui ont déjà confié leur intention de s’abstenir ou de rayer des noms sur le bulletin pour exprimer leur mécontentement. Une perspective inquiétante pour la représentativité démocratique et la légitimité des élus communaux.
Alors que le débat fait rage entre une vision nationale structurelle et une réalité locale pragmatique, la présidente de l’AMJ appelle à plus de discernement. Car dans les petites communes, ce ne sont pas des projets ambitieux qui manquent, mais bien des volontaires pour les porter.
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